Un taux moyen qui a augmenté moins vite que le taux d'usure

Partager sur :
Un taux moyen qui a augmenté moins vite que le taux d'usure

UN TAUX MOYEN QUI A AUGMENTÉ MOINS VITE QUE LE TAUX D’USURE     

En novembre 2023, le taux moyen des crédits du secteur concurrentiel s’est établi à 4.22 %.

 

Le taux moyen des crédits augmente encore, après deux années d’une progression ininterrompue. Avec une augmentation de 187 pdb depuis décembre dernier, l’augmentation du taux moyen a été moins rapide que celle du taux d’usure (+ 286 points de base - pdb- pour les prêts à plus de 20 ans). On constate en novembre un certain ralentissement de la hausse : + 10 pdb, contre + 18 pdb en moyenne mensuelle durant les dix premiers mois de l’année.

 

Pour la première fois depuis juillet 2022, le principal taux de refinancement de la BCE est resté stable, et le taux moyen de rémunération des dépôts des ménages n’a que faiblement cru. La profitabilité des nouveaux crédits accordés a pu s’élever.

 

Néanmoins, sur les prêts immobiliers à 25 ans accordés en novembre, les taux peuvent aller jusqu’à 5.10 % pour les emprunteurs les moins bien dotés en apport personnel. Il faut revenir au printemps 2011 pour observer une configuration de taux comparable.

 

Cliquez sur l'image pour lire l'intégralité du rapport :

 

 

UNE REPRISE QUI SERA LENTE SANS DESSERREMENT DE L’ACCÈS AU CRÉDIT

L’activité du marché des crédits en a largement bénéficié, alors qu’habituellement cette période de l’année enregistre un repli de la demande : par exemple en novembre 2019, lorsque le marché des crédits immobiliers aux particuliers était en pleine forme et avant la recommandation du HCSF, l’activité avait reculé par rapport au mois précédent (avec - 5.1 % pour la production et - 2.1 % pour le nombre de prêts accordés) ; une telle évolution saisonnière qui se constatait même durant les années de fonctionnement normal du marché avait été remplacée par une chute de l’activité en 2022. Mais cette année le repli a cédé la place à une remontée de l’activité dont l’ampleur ne pourra être précisée que lors de la présentation des chiffres trimestriels définitifs : cette remontée est en effet largement alimentée par des financements accordés dans le neuf, par anticipation à l’approche de la suppression du PTZ dans les zones B2 et C dès 2024, et elle va donner lieu à un contrecoup encore difficile à anticiper.

 

L’horizon du marché s’éclaircit donc progressivement, en réponse à la remontée de la profitabilité de la production nouvelle. Mais la reprise va être lente et hésitante, tant que l’accès au crédit n’aura pas été desserré par la Banque de France. D’ailleurs, la production de crédits mesurée à fin novembre en niveau trimestriel glissant recule de 24.2 % en glissement annuel (contre – 52.2 % en juillet dernier) et le nombre de prêts accordés, de 17.1 % (contre - 52.1 % en juillet dernier).

 

Mais compte tenu des évolutions constatées en début d’année, la production de crédits mesurée à fin novembre 2023 en niveau annuel glissant était en baisse de 42.0 %, en glissement annuel et le nombre de prêts accordés reculait de 40.3 %.

Les relèvements du taux d’usure ont facilité une hausse rapide du taux des crédits puis, dès le printemps, le rétablissement de la profitabilité des nouveaux crédits octroyés. La stabilisation des taux de la BCE et la faible augmentation du coût des ressources d’épargne ont alors permis en novembre une amélioration plus rapide de la profitabilité.

 

Source: https://www.lobservatoirecreditlogement.fr/ -  Novembre 2023